Cour du temple


Bien que la cour se trouve derrière le pylône, et donc qu'il faille passer la porte du temple pour y accéder, ce lieu était dans la symbolique égyptienne, à mi chemin entre le secret du temple et le monde extérieur.

Première cour du temple de Ramsès III Ă  Medinet Habou (© Paul François).

La cour se situe entre le pylône et la salle hypostyle, pavée, elle est fermée sur les deux faces restantes par des murs, doublés, ou non, d'une colonnade (on la dit alors "péristyle"). La lumière - qui joue un rôle omniprésent dans toute l'architecture du temple - innonde cet espace : loin de l'intimité que procurent les espaces plus sombres, la cour povait donc, en certaines occasions, ouvrir ses portes au peuple.

Nombreuses sont les preuves de cette ouverture de la cour au public. D'une part, la base du fût de nombreuses colonnes des cours est gravée du signe rekhyt représentant l'humanité1. Si la présence de la population n'était pas effective, elle était au moins symbolisée par ce signe.

D'autre part, de nombreux temples funéraires de Thèbes Ouest comportaient un palais rattaché à la première cour, dans les murs de laquelle étaient percées des fenêtres d'apparition, vraisemblablement destinées à permettre au roi de s'exprimer à ses sujets. C'est notamment le cas du temple de Ramsès III à Medinet Habou qui conserve un exemple de fenêtre d'apparition très bien conservée.

Le palais Ramsès III Ă  Medinet Habou. On distingue les accès entre la cour (en noir) et le palais (en gris), ainsi, qu'au centre, une fenĂŞtre d'apparition. Le roi pouvait donc parler Ă  ses sujets depuis cette fenĂŞtre. (© Paul François).

Enfin, la présence d'un autel devant une image d'Amon "caché", dans la première cour du temple de Karnak2, peut laisser penser que la population pouvait rendre un culte direct à la divinité dans la cour du temple, et pourquoi pas, lui apporter des offrandes sur cet autel. Cette image du dieu, caché, laisse toutefois penser que la vraie image d'Amon - c'est à dire la divinité dans sa totalité - était réservée aux prêtres.

Cette piété personnelle des égyptiens envers la divinité du temple se manifeste également par les nombreuses statues de hauts responsables, de dignitaires ou de scribes (qui bien souvent étaient les mêmes) qui étaient déposées dans la cour des temples. Ces statues, qui au cours du temps s'accumulaient dans les allées du temple, furent enterrées par les prêtres dans des "cachettes" pour dégager de la place, et y furent retrouvées des années plus tard par les archéologues, c'est le cas notamment du contenu de la fausse de la "Cour de la cachette" à Karnak.



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Rekhyt

Le symbole de l'Humanité, Rekhyt, gravé sur la base de nombreuses colonnes. (Photo de l'auteur)

Colonnade de Louxor

La colonnade de la cour du temple de Louxor. (Photo de l'auteur)

Notes

1 Richard H. Wilkinson, The Complete Temples of Ancient Egypt, Thames & Hudson, p. 62.
2 Paul Barguet, Le Temple d'Amon-Rê à Karnak - Essai d'exégèse, Institut Français d'Archéologie Orientale, p. 53.

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