Pylone


Composition du pylône1

Le pylône est le nom donné par les grecs à la porte monumentale de la plupart des temples égyptiens et composée de deux môles. Chacun des môles est constitué d’une base rectangulaire oblongue dont chaque face possède un important fruit. Les arrêtes de cette forme sont soulignées par des tores d’angles et s’additionnent, au niveau du sommet, à la corniche à gorge égyptienne. Des rayures en forme de prisme étaient creusées dans la construction afin de permettre la pose des mâts d’oriflammes, tandis que plus haut, des ouvertures permettaient de placer les tenons et colliers de métal qui soutenaient ces mâts2.

Chaque môle n’est pas sans rappeler les chapelles divines qu’ils peuvent représenter à une échelle beaucoup plus importante.

Les deux môles sont reliés par leur face la plus courte par un linteau en forme de ‘U’ qui permet le passage, en hauteur, d’un môle à l’autre. En effet, ces constructions, bien qu’imposantes, sont parfois percées de couloirs et d’escaliers qui permettent l’accès au sommet. Cette organisation intérieur ira plus loin puisqu’à l’Epoque Ptolémaïque, plusieurs salles sont construites, dans les môles d’Edfou par exemple, autour d’un escalier en colimaçon.

Coupe d’un pylône, longitudinale à gauche et transversale à droite.

Le bourrage des môles peut être constitué de blocs taillés ou bien de simples remblais qui peuvent être constitués de morceaux de monuments plus anciens. Cependant, la première technique garantissait une plus grande stabilité et solidité au pylône3.

Origine historique du pylône et de ses éléments

L’origine de la forme du pylône et ses premières utilisations reste assez peu informée malgré les recherches faites sur ce sujet. On a parfois eu tendance à faire remonter très loin le pylône, lui attribuant des origines douteuses. Une chose est sûre, les différents éléments qui le composent, comme la façade avec un fruit, la corniche et les tores d’angles, étaient usités dès l’Ancien Empire dans les complexes funéraires4.

Si la corniche à gorge égyptienne apparaît comme un élément décoratif – et ce bien que la notion d’art pour l’art soit absente dans l’Égypte ancienne – le tore d’angle a une explication pratique. Sa décoration de rubans et sa forme nous indiquent qu’il représente un faisceau de joncs5 qui était à l’origine destiné à protéger les angles, fragiles, des constructions de briques et de terres des premiers temps.

La forme du pylône en lui-même semble se développer dans les temples funéraires dès la VIème dynastie. Ces exemples concernent uniquement l’architecture funéraire, le pylône apparaît également dans les temples divins à l’Ancien Empire. On trouve ainsi des traces d’une pareille construction dans le temple primitif de Médamoud6 où il semble qu’il y ait eu deux pylônes dès la XIème dynastie, c'est-à-dire pendant la première Période Intermédiaire. Outre le fait qu’il s’agisse d’un des premiers pylônes tout à fait authentifié, les vestiges sont importants car ils présentent également les traces de blocs ayant servi de base au mât de la façade7. On peut donc en déduire que dès cette période, l’organisation du pylône en tant que porte monumentale de temple divin est déjà aboutie, et ne variera presque plus jusqu’à la fin de l’Antiquité égyptienne.

Ensuite, on retrouve des traces de pylônes dans divers monuments, aussi bien dans le temple terrasse de Mountouhotep à Deir El-Bahari8 que dans d’autres monuments du Moyen Empire puis du Nouvel Empire.



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Notes

1 L'aspect symbolique et l'insertion du pylône dans le temple est développé sur cette page
2 G. JEQUIER, Manuel d'archéologie égyptienne. Les éléments de l'architecture, Paris, 1924, p. 72
3 G. JEQUIER, Manuel d'archéologie égyptienne. Les éléments de l'architecture, Paris, 1924, p. 68
4 AUDRAN LABROUSSE, L’Architecture des pyramides à textes, Volume 1 Tome I, IFAO, 1996, pp. 20-23
5 G. JEQUIER, Manuel d'archéologie égyptienne. Les éléments de l'architecture, Paris, 1924, p. 72
6 H. SOUROUZIAN, « L’apparition du pylône », BIFAO 81, IFAO, 1981, p. 146
7 J. VANDIER, Manuel d'archéologie égyptienne, tome II, p. 579
8 H. SOUROUZIAN, « L’apparition du pylône », BIFAO 81, IFAO, 1981, p. 147

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