Le personnel du temple.


Il convient d'abord de distinguer clairement ce que l'on entend par "personnel du temple". Le temple égyptien est une gigantesque machine économique dont les ramifications peuvent s'étendre bien au delà de la limite visible du sanctuaire. Ainsi, sous Ramsès III, les employés du temple d'Amon à Karnak étaient-ils au nombre de 81 8221 , et pourtant, la plupart d'entre eux travaillaient à l'extérieur du temple : ouvriers agricoles, artisans, scribes, etc. Il existe donc au départ deux catégories de personnel : ceux qui participent au culte divin et ceux qui font fonctionner l'économie du temple.

Ouvriers, Scribes, Administrateurs : au coeur de la machine économique.

Une des bases de la puissance économique du temple égyptien : l'agriculture. Ici, le chargement d'une barge avec "de l'orge et du blé de froment" à destination des greniers du temple d'Amon.2(© Musée du Louvre/C. Décamps)

Les paysans sont la base et le coeur de l'économie égyptienne, et donc de l'économie du temple : la nourriture produite détermine la santé de la puissance égyptienne. Les périodes de famine étant des périodes de faible rayonnement politique pour l'Egypte. Quoi qu'il en soit, une partie de la récolte du paysan est attribuée au temple par l'administration. Les paysans font partie de la classe sociale égyptienne la plus basse, et elle est décrite par les égyptiens eux-même comme très difficile : dans les comtes, le paysan est souvent battu en raison de la mauvaise récolte, ou trompé par les plus riches. Le travail agricole dans la vallée est rythmé par le Nil : les périodes de crue et de décrue, mais également l'intensité de celle-ci.

Dépendaient du temple également toute une série d'artisans divers qui fabriquaient, entre autre, les objets de culte, ou les biens nécessaires aux prêtres : tanneurs, ébénistes, charpentiers, menuisiers, orfèvres, verriers, potiers, fondeurs, sculpteurs ... Bien qu'une partie de ces artisans travaillait sans doute à l'intérieur même de l'enceinte du temple, sans doute ceux qui manipulaient les produits les plus précieux, on peut penser que d'autres activités prenaient place dans des ateliers externes qui dépendaient du temple. Des salaires versés à ce personnel, il existe des exemples, surtout à Deir El Medineh : le village a en effet conservé une partie de ses documents administratifs. Les artisans recevaient donc des céréales, mais également des vêtements, des produits de beauté, etc.

Le personnel d'administration avait deux buts : vérifier les entrées de biens dans le temple et leur stockage, et s'assurer du bon fonctionnement du culte. Si de petits temples voyaient certains de leurs prêtres cumuler également la fonction d'administrateurs, des temples plus important possédaient un personnel dédié. A chaque type de bien est alors attribué un "directeur" qui surveille les acheminements : le bétail, le grain, les matières premières diverses, etc. Tout est conçu pour que rien ne trouble le bon déroulement des activités économiques et sacerdotales du temples. Si une partie de cette administration est sans doute composée de scribes sachant lire et écrire les hiéroglyphes, une autre partie était sans doute incapable d'en faire autant.

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Notes

1 Serge Sauneron, Les prêtres de l'ancienne Egypte, Points, p. 65.
2 Louvre, N 1430

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