Le personnel du temple.


Prêtres, chanteurs, prophètes : au coeur du culte.

Les hommes et femmes les plus concernés par le culte - prêtres, prêtresses, chanteurs, prophètes, danseurs et danseuses - formaient un ensemble indispensable au bon déroulement des différentes étapes du culte divin. Faire partie de cette population relativement privilégiée devait cependant requérir quelques sacrifices...

La première des conditions est une condition de propreté : la catégorie la plus courante des prêtes est ainsi désignée par "les purifiés" (ouab en égyptien), rappelant les nombreuses purifications que ceux-ci devaient effectuer tout au long de la journée afin de pouvoir être acceptés dans le temple. Les prêtres devaient également se laver la bouche avec du natron et de l'eau avant de pénétrer dans l'enceinte du temple1.

Titre de prêtre ouab.

Le corps des prêtres se devait également d'être dépourvu de tout poil, comme en témoignent encore les nombreuses statues au crâne rasé. Il n'est pas exclu également que les officiants devaient s'épiler également les sourcils... tout cela afin d'éviter que la vermine ne vienne contaminer les lieux de culte. Les prêtres étaient également circoncis pour des raisons d'hygiène (bien que certaines sources mettent en avant la ressemblance avec le geste de Rê : "Du sang tomba du phallus de Rê, après qu'il eut achevé de se couper lui-même"2, et l'on possède également certains bas-reliefs explicitant cette opération.

Les prêtres sont également tenus de ne pas consommer certains mets, dont la liste dépend de la zone géographique (ou nôme) du temple : le dieu local, bien souvent associé à un animal, ne pouvait en effet tolérer que l'on mange son représentant terrestre.

Une autre restriction pour les prêtres était de ne pas avoir de relations sexuelles pendant les périodes durant lesquelles ils officiaient au temple. Le personnel de culte n'était, en effet, en aucun cas tenu au célibat.

Titre de premier prophète d'Amon.

Le grade le plus élevé auquel pouvait aspirer un prêtre était celui de premier prophète (littéralement : premier des serviteurs du dieu), lequel grade correspondait à un pouvoir absolu sur les affaires du temple (aussi bien d'un point de vue du culte que de l'administration des biens, bien que cette dernière tâche était souvent confiée à son assistant, le second prophète) et également à une influence importante sur les décisions politiques locales, ou au niveau de l'Egypte entière, en fonction de la renommée du temple. Bien souvent, étant donné le pouvoir alloué à ce personnage, celui-ci était choisi par le roi parmi la haute société, l'armée, ou quiconque lui semblait apte à exercer cette fonction... et assez dévoué à sa cause.

D'un point de vue du culte, le premier prophète était l'un des seuls à être autorisé à contempler et à approcher la statue divine au plus profond du naos. Il était en réalité le représentant de la fonction royale au sein du temple, le roi ne pouvant assister à toutes les cérémonies de toute l'Egypte en même temps.

Entre les différents prophètes et les simples prêtres se trouvait une catégorie particulière d'officiants, dont le classement est aux époques antiques est déjà incertain, nommés spécialistes. Comme leur nom l'indique, ils ont la caractéristique d'être spécialisés dans une certaine partie du culte. Certains étaient ainsi dévoués à l'habillement et à la toilette de la statue divine (ce qui pousse à croire que cette catégorie, étant en contact direct avec la divinité, devait occuper un rang élevé) lors des cérémonies matinales, mais d'autres avaient une fonction purement intellectuelle.

C'est le cas des différents érudits de la Maison de Vie : médecins, scientifiques en tous genres (à supposer que l'on puisse appliquer ce terme à l'Egypte Ancienne), prêtres-scribes, astrologues, etc. Cette dernière catégorie devait posséder une importance non négligeable afin de fixer les dates des fêtes, mais également de déduire l'heure, la nuit, grâce à la position des étoiles et ainsi d'en déduire le moment des différentes cérémonies de culte.

La grande majorité des prêtres, enfin, était désignée sous le terme général de "ouab" et pouvaient revêtir des rôles extrêmement divers : responsables de l'entretien du temple, porteurs de la statue divine, porteurs d'objets de culte divers, etc. Ils devaient sans doute former la majorité de la population du temple et l'on imagine fort bien que pour certains, la connaissance des doctrines religieuses n'était sans doute pas requise.

Il semble que les officiants de classe moyenne (les prophètes et serviteurs du dieu de moindre importance et les prêtres-ouab) étaient regroupés dans une phylè, au nombre de deux, elle même dirigée par un chef de phylè (également appelé phylarque). Cette division en deux équipes permettait ainsi la rotation des équipes de prêtres, qui alternaient ainsi la vie au temple et la vie ordinaire.

Titre de chef de Phylè.



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Notes

1 Serge Sauneron, Les prêtres de l'ancienne Egypte, Points, p.47.
2 Bruno Halioua, La médecine au temps des pharaons, Liana Levi, p.108.

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